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Faire avancer son projet : influencer sans autorité

  • Photo du rédacteur: Erwan Hernot
    Erwan Hernot
  • 22 oct. 2025
  • 3 min de lecture
Homme sur échelle et deux autres se serrent la main devant un grand mégaphone rouge, icônes digitales et globe bleu en fond.
Influencer pour faire avancer le projet

Sans autorité, influencer est la compétence clé du chef de projet

Dans le mode projet, le chef de projet occupe une position singulière. Il est responsable des résultats, du respect des délais et de la qualité des livrables mais il ne dispose généralement d’aucune autorité hiérarchique sur les contributeurs. Il ne peut ni imposer, ni sanctionner, ni arbitrer formellement. Pourtant, il doit faire avancer le collectif. Cette situation crée une contrainte majeure : pour agir, il doit influencer sans autorité hiérarchique. C’est le cœur du métier. Là où un manager hiérarchique peut s’appuyer sur un pouvoir formel, le chef de projet ne dispose que de sa capacité à mobiliser, convaincre, faire adhérer. Or cette mécanique est délicate. Elle repose sur des leviers subtils, rarement enseignés et souvent mal compris.


Responsabilité sans pouvoir

Le chef de projet est comptable du résultat, mais il dépend de personnes qui relèvent d’autres hiérarchies, d’autres priorités et d’autres systèmes d’évaluation. Chacun a ses contraintes, ses urgences, ses objectifs propres. Le projet n’est qu’un sujet parmi d’autres.

Dans ce contexte, demander ne suffit pas. Argumenter ne suffit pas toujours. La coopération n’est jamais automatique. Le chef de projet doit sans cesse créer les conditions pour que les autres choisissent de s’engager, alors même qu’ils n’y sont pas directement incités.


L’influence comme travail invisible

Influencer ne signifie pas manipuler. Il s’agit d’un travail relationnel fin, qui consiste à comprendre les intérêts de chacun, à identifier ce qui motive réellement les acteurs et à construire des convergences là où, spontanément, il y aurait divergence.

Influencer, c’est par exemple simplement reformuler les enjeux du projet dans le langage du métier de l’autre. C'est montrer en quoi le succès collectif sert aussi des intérêts individuels ou c'est valoriser publiquement les contributions, créer des alliances informelles. tactique, c'est anticiper les résistances avant qu’elles ne se cristallisent ou encore choisir le bon moment et le bon canal pour porter un message

Ce travail est constant. Il ne se voit pas dans les plannings ni dans les outils de pilotage. Pourtant, c’est lui qui permet au projet d’avancer.


Pourquoi c’est difficile pour certains chefs de projet

Tous les profils ne sont pas à l’aise avec l’influence. Certains ont été formés dans des environnements où la légitimité repose sur l’expertise technique, la rationalité ou la conformité aux procédures. Dans ces cultures, convaincre par le relationnel, lire les jeux d’acteurs ou négocier des compromis peut être perçu comme suspect, voire manipulatoire.

D’autres profils sont mal à l’aise avec le conflit, l’incertitude ou la négociation implicite. Influencer suppose d’accepter des zones grises, des ajustements progressifs, des rapports de force mouvants. Cela demande une intelligence relationnelle que l’on n’acquiert pas spontanément.

Enfin, certains chefs de projet confondent encore autorité et influence. Ils tentent d’imposer par la légitimité du rôle ou par la pression des délais. Cela produit souvent l’effet inverse : résistance passive, retards, coopération minimale.


Ce que cela change pour le chef de projet

Apprendre à influencer, c’est accepter que le projet se joue autant dans les relations que dans les outils. C’est comprendre que la réussite ne dépend pas uniquement de la qualité du planning, mais de la capacité à créer de l’adhésion.

Cela suppose de développer l’écoute active, la compréhension des intérêts en présence, la capacité à reformuler, l’anticipation des blocages et encoore le sens du timing politique

Le chef de projet devient alors un architecte relationnel. Il ne pilote pas seulement des tâches. Il pilote des dynamiques humaines.


En mode projet, l’influence n’est pas une compétence annexe. Elle est centrale. Le chef de projet ne peut réussir que s’il sait mobiliser sans contraindre, convaincre sans imposer, négocier sans s’exposer frontalement. Or cette mécanique est rarement enseignée. Ceux qui y parviennent ne sont pas nécessairement les plus experts techniquement, mais ceux qui savent lire leur environnement humain et organisationnel.

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