• Erwan Hernot

Co-développement et intelligence artificielle : les 2 font la paire

Le co-développement est déjà aujourd’hui un outil d’apprentissage dans l’action, prisé de certains managers que j’ai baptisés depuis quelques années des “agiles apprenants”. C’est de surcroit une technique pertinente avec l’arrivée de l’intelligence artificielle.

Reprenons-en les grands principes : le co-développement part du principe que la personne (“le client”) qui expose son problème, son projet ou sa préoccupation devant quelques autres participants (les “consultants”) est l’experte de sa situation. La difficulté de l’exercice consiste alors à l’aider en posant des questions sans donner de conseils directs (“Si j’étais toi, je …”); sans induire de sous entendus pointant vers une solution (“Ne penses-tu pas que …”) ; sans donner de solutions (“As-tu pensé à …”). Seules, les questions d’éclaircissement, de contexte, de changement de cadre permettent au client d’apprendre sur sa situation.

Poser les bonnes questions


Très vite (aujourd’hui pour les entreprises les plus avancées, dans 5 ans pour les autres) le manager va devoir interagir avec l’intelligence artificielle au quotidien, Son premier défi sera de poser les bonnes questions, celles qui orienteront au mieux ce nouveau partenaire : c’est une compétence 1. de problématisation et 2. de questionnement en tant que tel. L’intelligence artificielle cherchera une solution à un problème mais les qualités de ses réponses seront corrélées à cette compétence. Revoyons donc notre catéchisme managérial : il faut former les managers à penser “problème” et non plus seulement “solution”.


Prendre conscience de son modèle mental pour travailler avec l’AI


Chacun d’entre nous a un modèle mental, c’est à dire un processus de pensée à propos du monde qui nous entoure. La difficulté qu’on rencontre souvent est 1; d’en prendre conscience (s’interroger sur ses propres mécanismes mentaux qui sont des évidences) et 2. d’avoir accès au modèle mental des autres (“mais qu’est-ce qui lui est passé par la tête ?”)  Le co-développement est le bon entraînement dans la perspective du futur binôme humain / IA. S’interroger sur son modèle mental est la conséquence logique d’un familier de cette technique : le temps de l’exposé est, en effet, un temps d’écoute où le client met à jour la façon dont il pense sous le regard bienveillant des consultants.. J’observe ainsi que les managers habitués du co-développement sont plus conscients d’eux mêmes : fonctionnement, atouts et limites. Forts de cette connaissance, ils plus adaptables aux autres. Cette capacité leur permettra de s’habituer vite et de tirer plus d’efficacité du travail avec l’IA : “ Comment je pense ce problème ? Comment l’IA va-t-elle m’aider ?” Une fois qu’il a répondu à ces questions, le manager peut mieux exploiter l’IA.


Ensemble avec l’IA !


L’IA s’entraîne avec non seulement un binôme humain mais elle les compile pour démultiplier ses apprentissages. De la même façon, à moindre échelle bien entendu, l’humain démultipliera les siens avec des groupes de co-développement ad-hoc qui se rassembleront pour exposer des situations concrètes de travail avec l’IA.


Ces groupes prépareront mieux qu’une simple formation “mode opératoire” au binômage humain / IA car l’IA progresse tout le temps. Le co-développement suppose cet apprentissage permanent qui oblige l’humain à se centrer sur les différentes – et évolutives – façons de penser les problèmes.


Les techniques managériales ne sont pas neutres...

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